5. Le choix : La force invisible qui dessine toute notre vie
Découvrez comment vos choix inconscients influencent votre vie et comment apprendre à décider depuis votre soi profond.
CONSCIENCE
Samira DARKAOUI
11/25/20255 min read


Le choix : La force invisible qui dessine toute notre vie
On parle souvent du « pouvoir du choix », comme si choisir était un acte simple, conscient, rationnel. La vérité, c’est que la plupart de nos choix sont silencieux, impulsifs, et profondément influencés par ce que l’on croit vouloir ou mériter.
Nous pensons choisir avec notre esprit. Mais ce sont nos blessures, nos manques, qui murmurent en coulisse, orientant nos pas sans que nous en ayons conscience.
Nous sommes d'abord des êtres d'émotions. Nous croyons que nos décisions sont rationnelles, alors qu'elles sont, la plupart du temps, profondément émotionnelles.
Nous sommes un joyeux chaos persuadé d'être parfaitement logique !
Nos émotions fonctionnent comme un scanner, mais aussi comme un GPS intérieur : elles dévoilent nos blessures tout en éclairant les différentes options qui s'offrent à nous — continuer à se protéger ou se dépasser. Et c’est l’attention que nous choisissons de leur accorder qui finit par tracer la direction que prendra notre vie.
Nous faisons des choix en permanence… même quand on croit ne pas choisir
« Je ne sais pas » est… un choix.
Le choix de ne pas décider...
Le choix de rester dans ce qui est connu.
Le choix de ne pas prendre de risque.
Le choix de garder l’illusion de sécurité.
Le cerveau adore ça : il préfère un inconfort familier à un bien-être inconnu. Car cela rend l'avenir prévisible.
Même l’inaction est donc un choix, ainsi que le silence.
« Je verrai plus tard » est un choix.
Et tous ces micro-choix, accumulés, finissent par dessiner une vie entière.
Nous choisissons aussi en fonction de l’image que nous avons de nous-mêmes
Ce n’est pas uniquement la situation qui détermine notre décision, mais également la valeur que nous nous accordons.
Si je me sens insuffisant, je choisis des relations qui me confirment cette insuffisance.
Si je me vois comme « inférieur », je choisis de me taire.
Si je me crois difficile à aimer, je choisis ceux qui ne m’aiment qu’à moitié.
Si je me juge faible, je choisis des situations faciles.
Notre identité perçue (souvent héritée de l’enfance) détermine jusqu’à nos décisions les plus rationnelles. On peut être très capable… et pourtant refaire les mêmes choix limitants.
Le choix inconscient : l'illusion de fuir la douleur
Dans la plupart des cas, nos choix ne cherchent pas notre bonheur. Ils cherchent notre sécurité émotionnelle.
Éviter : rejet, abandon, honte, peur de déplaire, échec, inconnu.
Même si cette « sécurité » nous sabote toujours un peu plus.
On peut donc choisir : un partenaire indisponible, un travail qui ne correspond pas, un silence pour éviter le conflit, une relation "juste assez bonne", une vie qui ne nous ressemble qu’à peine.
"Lorsqu'on veut fuir la douleur, on ne choisit pas ce qui est bon, on choisit ce qui rassure."
C'est comme si nous continuons à regarder la vie à travers notre regard d'enfant. Comme si la vie devait être dépourvue de douleur, d'épreuves, d'imprévus... Or, le propre même de la vie et de notre monde, c'est qu'ils n'existent que par la présence de polarité.
Comment apprécier la joie sans avoir connu la tristesse ?
Comment reconnaitre le bien être sans avoir connu la douleur ?
"En évitant la douleur, on évite aussi la croissance qui nous attend de l'autre côté."
Mais alors… peut-on vraiment choisir librement ?
Oui... d'abord en acceptant la vie dans son entièreté et non à moitié. En acceptant donc la douleur, l'inconfort, l'inconnu et l'effort, et pas uniquement chercher la joie, le confort, le connu et la facilité.
En acceptant aussi qu'il est inévitable de se tromper parfois, et que chaque décision qui nous envoie droit dans le mur, nous pousse tout autant vers le dépassement du moi au soi.
Et ensuite, en apprenant à discerner qui choisit à l’intérieur de nous.
Car deux voix nous gouvernent.
La voix du moi : L'enfant blessé / zone de confort
Celle qui dit : "Fais comme d’habitude, tu t'en es toujours sorti comme ça" ; "Calme-toi, tu vas te faire remarquer" ; "tu veux... mais pour qui tu te prends".
La voix de la peur, l’ancien, le réflexe... l'impuissance.
Une voix agitée, bruyante. Pour la calmer, il faut respirer et ralentir.
La voix du soi : L'adulte souverain / notre élan d'expansion
Celle qui dit : « Tu peux, tu as le droit, vas-y, c'est ce que tu veux, ça ne te ressemble plus. »
La voix des idées, de la nouveauté, de l'apprentissage... de la création.
Une voix plus douce, discrète, timide. Pour l’entendre, il faut ralentir.
La vraie liberté : quand le choix ne dépend plus du juge intérieur
Oui, nous avons tous un juge intérieur.
C'est notre part antipathique qui critique tout et tout le monde... même nous-même !
Tant que nous donnons notre pouvoir au passé, à nos émotions, on le renforce ! Et ce petit malin va nous trouver tous les bons arguments pour nous valider dans nos peurs et nous critiquer dès que l'on tente de sortir de notre zone de confort.
L'intérêt d'apprendre à discerner quelle est la voix qui s'adresse à nous, c'est justement d'établir une relation plus saine avec notre juge intérieur, car son objectif est toujours positif... nous protéger.
Quand vous choisissez non plus par peur, mais par alignement :
vous gérez vos émotions,
vous faites grandir en vous l'enfant blessé en adulte souverain,
vous calmez votre juge intérieur,
et miracle ! Vous êtes dans le lâcher-prise puisque vous acceptez aussi de vous tromper (ça fait toujours partie de la vie, du chemin).
Plus besoin de plaire, mais vous respecter.
Plus besoin de fuir, mais vous ouvrir.
Choisir devient alors un acte intérieur constructif :
"Je me reconnais."
"Je me respecte. "
"Je me choisis. "
Exemple simple : quand l’histoire intérieure prend le dessus
Il suffit parfois d’un détail pour que tout bascule. Un mot, un silence, un « ok ».
Vous recevez ce message, court, neutre, presque vide. Et immédiatement, quelque chose s’agite en vous. Une sensation. Une tension familière.
Votre esprit s’empresse alors de remplir le vide : « Il m’en veut ? » « J’ai dit quelque chose de travers ? » « Il s’en moque ? »
Là, deux chemins s’ouvrent.
Le chemin de la réaction automatique habituelle
Celui qui répond à partir de la blessure, du manque, de l’histoire ancienne.
L'interprétation du juge intérieur devient alors une vérité : « Il m’attaque, donc je dois me défendre », et l’impulsivité prend le relais.
Le chemin de la réaction consciente et juste
Celui où l’on respire. Où l’on observe l’émotion au lieu de la suivre.
Où l’on se demande : « Qu’est-ce que cette sensation raconte de moi… et non de l’autre ? »
Et parfois, on réalise que ce « ok » n’avait rien de menaçant.
Qu’il ne portait aucune intention cachée.
Qu’il était juste… un « ok ».
Ce n’était donc pas le message qui blessait, mais l’histoire que notre monde intérieur s’empressait de raconter.
Le vrai choix n’était pas “répondre ou ne pas répondre”. Le vrai choix était : laisser l’enfant blessé réagir, ou permettre à l’adulte souverain de regarder plus loin.
Parce que lorsque l’histoire change, les choix changent aussi. Et avec eux, notre relation à nous-mêmes, aux autres, et à la vie.
Comment commencer à choisir autrement ?
Accepter la vie dans son entièreté (sa polarité).
Accepter de se tromper et d'apprendre.
Observer ses émotions et ce qui fait peur.
Identifier ce que vous voulez vraiment.
Réapprendre à vous écouter.
Décider en fonction du présent plutôt que de l’ancien.
Et toujours se rappeler de ceci :
"Si tu ne décides pas, quelqu'un d'autre le fera à ta place."
Conclusion
On ne change pas sa vie d’un coup. On la change en changeant, au fur et à mesure de nos expériences, la manière dont on fait nos choix.
Plus vous avancez, plus vos choix deviennent clairs. Plus votre vie devient cohérente.
Et plus votre vie devient cohérente… plus vous vous sentez libre.
La liberté vient de la façon dont vous vous choisissez, chaque jour, dans les petites et grandes choses.


