10 Les “moins” : ces croyances limitantes qui nous éloignent de nous-mêmes
Les “moins” sont des croyances limitantes intégrées depuis l’enfance qui réduisent l’image de soi. Découvrez comment les reconnaître et vous en libérer.
CONSCIENCE
Samira DARKAOUI
3/25/20268 min read


Les “moins” : ces croyances limitantes qui nous éloignent de nous-mêmes
"Nous ne devenons pas “moins” par nature. Nous apprenons simplement à le croire."
On ne naît pas avec des "moins"
Au fil de notre histoire, certaines expériences viennent marquer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde.
Une remarque dévalorisante, un rejet, une humiliation, un climat familial…
Peu à peu, nous intégrons des messages sur ce que nous devrions être — ou ne pas être.
Enfant, nous dépendons totalement des adultes qui nous entourent. On ne peut donc pas les remettre en question. Ils sont garants de notre sécurité extérieure, mais aussi intérieure.
Alors, pour préserver le sentiment de sécurité dont nous avons absolument besoin pour notre développement, c’est nous-mêmes que nous remettons en question.
"Les adultes ont toujours raison."
C’est le tour de passe-passe que notre esprit met en place pour nous protéger d’une réalité qui, autrement, serait trop insécurisante.
Si par exemple un parent me dit que je suis nul, alors il doit avoir raison.
Donc je dois être nul.
J’inscris alors en moi que je suis “moins intelligent que les autres”.
Sans même nous en rendre compte, nous commençons alors à ajouter des “moins” à ce que nous sommes.
Ces “moins” deviennent des croyances silencieuses sur nous-mêmes.
Ces “moins” naissent souvent à partir de ce que nous subissons :
Tu es trop sensible.
Tu réfléchis trop.
Tu prends trop de place.
Tu poses trop de questions.
Tu parles trop.
Tu es trop agité.
Peu à peu, nous intégrons ces messages en nous.
Ce qui était au départ une remarque extérieure devient une règle intérieure.
Alors, inconsciemment, nous commençons à nous dire :
Je dois être moins sensible.
Je dois être moins intense.
Je dois être moins visible.
Je dois être moins curieux.
Je dois être moins agité.
Et sans même nous en rendre compte, nous commençons peu à peu à réduire ce que nous sommes.
Quand une expérience devient une croyance
Une expérience douloureuse ne devient pas forcément un problème en soi.
Elle peut aussi devenir un apprentissage.
Parfois, l’expérience est interprétée d’une manière qui vient toucher directement la valeur que nous pensons avoir de nous-mêmes.
Sans en être conscients, nous finissons par nous identifier à l’expérience douloureuse.
Tant que nous ne remettons pas en question ce système de protection, il reste intact en nous.
Nous continuons alors à percevoir le monde avec les yeux de l’enfant que nous étions.
Et tout ce qui a été inscrit en nous comme un danger continue d'exister et d'influencer nos perceptions.
Ainsi, à l'âge adulte, certaines expériences réactivent des peurs anciennes et les croyances qui les accompagnent.
En d'autres termes, notre système de survie se réactive pour nous protéger d'un danger potentiel perçu.
Par exemple :
Si j’exprime ce que je ressens, je serai rejeté.
Si je prends ma place, je vais déranger.
Si je dis non, je vais perdre le lien.
Je passe mon temps à projeter des scénarios catastrophes à partir de mes "moins" et de mes peurs, ce qui renforce encore les croyances qui les accompagnent.
Les "moins" réduisent l'image de soi
La réduction de l’image de soi est l’une des premières conséquences des “moins” que nous créons en nous.
Chaque “moins” agit comme une soustraction intérieure.
Il enlève un peu d’espace à ce que nous sommes… et à ce que nous nous autorisons à devenir.
Par le passé, chaque fois que nous avons ajouté un “moins”, nous avons en même temps réduit l’image que nous avions de nous-mêmes.
Peu à peu, nous nous sommes réduits, limités.
Pour que nos "moins", les croyances qui les accompagnent et l'image réduite que nous avons de nous-mêmes restent crédibles à nos yeux, nous avons créé des obligations et des interdits envers nous-mêmes.
Si je crois que je suis "moins important", je vais me positionner en-dessous des gens que j'admire, en les inondant de compliments, dans l'espoir qu'ils valident ma valeur en retour.
Je m'interdis de reconnaître ma valeur par moi-même.
Si je crois que je suis "moins aimable", je vais tout faire pour me rendre indispensable, dans l'espoir d'être aimé.
Je m’interdis de reconnaître l’amour que je porte en moi et de le montrer.
Si je crois que je suis "moins légitime", je vais éviter d'exprimer mes besoins et mes pensées, dans l'espoir que les autres me devinent.
Je m'interdis de m'affirmer et de prendre ma place.
Cela s'accompagne inévitablement d'un sentiment d'impuissance.
En nous accusant de ce que nous avons subi, nous finissons par nous sentir honteux et coupables, en croyant que nous ne sommes pas assez.
C’est ainsi que nous apprenons l’impuissance.
Nous adoptons alors une posture d’infériorité, cohérente avec l’image réduite que nous avons de nous-mêmes.
On devient ainsi son propre bourreau.
Les barrières invisibles : une autre conséquence des “moins”
Les barrières invisibles sont une autre conséquence des “moins” que nous créons en nous.
Les “moins” ne réduisent pas seulement l’image que nous avons de nous-mêmes.
Ils créent aussi des barrières invisibles :
Entre nous et nous-mêmes.
Entre nous et les autres.
Entre nous et le monde.
Peu à peu, les “moins” nous coupent d’une partie de nous-mêmes.
Cette part n’a pas disparu.
Nous ne l’avons pas supprimée — nous l’avons simplement ensevelie sous nos “moins” et les croyances qui les accompagnent.
Elle reste là, en arrière-plan.
Une part de nous qui sait… mais qui n’a plus vraiment le droit de s’exprimer, de créer ou d’évoluer avec nous.
Lorsque cette part de nous ne peut plus s’exprimer, notre espace de création se réduit aussi.
Notre horizon se rétrécit peu à peu sous les limites que nous imposent nos "moins".
On reste dans ce que l’on connaît déjà, dans ce qui nous semble sûr.
On n’ose plus vraiment essayer, expérimenter, prendre le risque de se tromper.
Alors quelque chose en nous se retient.
On doute.
On hésite.
On repousse certains choix, certaines relations, certaines directions.
Peu à peu, notre élan s’affaiblit.
Nos désirs s’amenuisent.
Notre audace disparaît…
Et notre espace finit par se rétrécir.
Ce sont souvent les parts de nous que nous avons réduites au silence qui s’expriment à travers un malaise, une frustration ou un sentiment diffus de passer à côté de sa vie.
La douleur intérieure est parfois simplement le signal qu’une part de nous n’est plus reconnue ni entendue.
Mais lorsque nous ne comprenons pas ce signal, nous cherchons automatiquement à faire taire l’inconfort qu’il provoque.
Alors, tant que nous restons inconscients de nos schémas, nous continuons à chercher dans l’urgence, à l’extérieur de nous, de vaines solutions à nos peurs et à notre douleur.
Pour compenser nos “moins” on se crée des “plus”
Les “plus” compensatoires sont une autre conséquence des “moins” que nous portons en nous.
Tout le monde veut consciemment réussir, être aimé, être heureux.
Donc, pour survivre à nos croyances limitantes, notre esprit met en place des stratégies de sur-adaptation.
Si je me crois “moins”, je vais tenter de devenir plus.
Plus gentil.
Plus irréprochable.
Plus performant.
Plus adaptable.
Ces “plus” sont des compensations aux manques que nous croyons avoir.
Cette compensation par les “plus” crée alors un masque.
Et nous voilà avec un "faux moi" bien construit, chargé de masquer ce que nous croyons être un défaut, un manque… une honte.
Le problème est que ces compensations nous éloignent encore davantage de nous-mêmes.
On finit par vivre en permanence dans l’effort de prouver que l'on est assez à travers :
Notre image.
Notre valeur.
Notre puissance.
Ce "faux moi" fait alors son cirque !
Mais il n’est pas un ennemi.
C’est une stratégie de survie.
Il s’est construit pour nous protéger de ce que nous croyons être un danger : le rejet, l'abandon ou la perte du lien.
Et sans même nous en rendre compte, nous nous retrouvons pris dans notre propre dilemme :
Être moins soi-même pour ne pas être rejeté…
et en faire toujours plus pour tenter d'être accepté.
Nous fonctionnons alors avec une vision très binaire :
Si je vois la vérité sur moi, je vais disparaître.
Alors on résiste.
On se justifie — on fuit.
On se défend — on lutte.
On compense — on s’oublie.
Notre "faux moi" fait ses pirouettes pour éviter que nous regardions les “moins” qui se cachent en dessous.
En nous regardant à travers notre "faux moi", nous ne voyons pas qu’il existe une troisième voie : revenir à soi, sans danger réel.
Ce qui nous éloigne de l’amour est souvent une peur que nous n’avons pas encore reconnue.
Nos “moins” activent les “plus” des autres
Nous avons vu que les “moins” nous limitent.
Mais ils ne s’arrêtent pas là : ils influencent aussi la manière dont nous entrons en relation avec les autres.
Chaque relation finit par trouver un certain équilibre, parfois sans que nous en ayons conscience.
Et cet équilibre n’est pas toujours à notre avantage.
C’est souvent ce que certains appellent des relations toxiques.
En réalité, ce qui est parfois toxique, c'est plutôt comment on se positionne dans la relation et ce qu'on y apporte de soi.
Dans certaines relations, cela crée des jeux de pouvoir très souvent inconscients.
Lorsqu’une personne se sent "moins" légitime, "moins" importante ou "moins" sûre d’elle, elle se positionne naturellement en dessous de l’autre.
L’autre, de son côté, peut alors occuper la place opposée : celui qui sait, qui sauve, qui domine ou qui corrige.
Sans que personne ne l’ait réellement décidé, un certain équilibre relationnel s’installe.
Les "moins" de l’un activent alors les "plus" de l’autre.
Peu à peu, chacun s’installe dans son rôle, et la relation finit par tourner en rond autour de ce déséquilibre.
Les relations deviennent alors des miroirs : l’attitude de l’autre reflète souvent ce que nous croyons être, bien plus que ce que nous sommes réellement.
Les relations ne créent donc pas nos blessures : elles les révèlent.
Retirer les “moins”
Le travail sur soi n’est pas une construction.
C’est une déconstruction.
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d'autre.
Il s’agit de retirer progressivement les “moins” que nous avons ajoutés à ce que nous sommes.
Lorsque ces “moins” tombent, quelque chose de très simple apparaît : une part de nous qui n’avait jamais disparu.
Le sentiment d’impuissance s’estompe alors.
L’élan vers nos désirs revient.
Et l’amour en nous recommence à circuler, s’ouvrir et entrer en expansion.
Quand un “moins” disparaît
Quand un “moins” disparaît, ce n’est pas une nouvelle personne qui apparaît.
C’est souvent comme si un poids disparaissait dans la poitrine.
La respiration devient plus légère.
Et un mélange étonnant apparaît :
un sentiment de liberté, d’amour… et de puissance intérieure.
Redevenir entier
Quand les “moins” disparaissent, il ne s’agit pas de devenir parfait.
Il s’agit de redevenir entier.
À mesure que les “moins” tombent, quelque chose de très simple réapparaît :
Une présence plus calme.
Une respiration plus libre.
Un amour plus juste et assumé.
Une façon d’être qui n’a plus rien à prouver.
Ce n’est pas une transformation spectaculaire.
C’est un retour.
Le retour vers ce que nous étions déjà… avant d’apprendre à nous réduire.


