9 Et si on parlait de jalousie ?
La jalousie fait-elle partie de l’amour ? Découvrez comment distinguer jalousie et possessivité, comprendre la peur de perdre et apprendre à aimer sans contrôler.
CONNAISSANCE
Samira DARKAOUI
2/19/20263 min read


Et si on parlait de jalousie ?
Une émotion dérangeante, souvent mal comprise
Un mot souvent chargé. Souvent mal compris.
Et presque toujours réduit à une preuve d’amour… ou à un défaut à corriger.
La jalousie dérange parce qu’elle nous met face à quelque chose d’inconfortable :
notre peur de perdre, notre insécurité intérieure.
Mais si, au lieu de la condamner ou de la justifier, on prenait le temps de la comprendre ?
La jalousie n’est pas le problème
La jalousie, en soi, n’est pas le problème.
Il est tout à fait naturel de ressentir de la jalousie.
Lorsqu'une maman met au monde son deuxième enfant, dans la majorité des cas, le premier a une réaction de rejet du nouvel arrivé, et en veut à sa maman. Il ressent de la jalousie car il a peur d'être remplacé. Son besoin, alors, est juste d'être rassuré par sa maman, et l'insécurité disparaît, avec son sentiment de jalousie.
Ce qui pose difficulté, aujourd'hui, c’est ce que nous faisons de la jalousie à l'âge adulte.
Si elle n’est pas reconnue, comme un enfant, on va chercher une sécurité extérieure.
Jalousie et possessivité : une confusion fréquente
Il est important de distinguer deux choses :
– La jalousie, comme signal intérieur.
– La possessivité, qui est souvent une jalousie non gérée, réprimée.
Lorsque la jalousie n’est pas reconnue comme une expérience intérieure légitime, elle se déplace forcément.
"Toutes nos émotions refoulées restent bloquées en nous et trouvent leur propre chemin."
Elle devient alors une exigence, une surveillance, un contrôle, une attente que l’autre se conforme à mes besoins, pour enfin calmer ce qui, en réalité, me traverse.
Quand la responsabilité se déplace sur l’autre
À ce moment-là, la cause de la jalousie n’est pas perçue comme un sentiment humain, ni une blessure interne, mais comme le comportement de l’autre.
S’il ou elle changeait…
S’il ou elle faisait autrement…
S’il ou elle me rassurait davantage…
Et pourtant, ce n’est pas l’autre qui a créé cette peur. C'est la perception que j'ai de son comportement qui l'a activée.
La jalousie se transforme alors en possessivité.
L'autre n'est pas avec moi, il est là pour moi...
L’autre : être aimé ou support de mes névroses ?
L’autre est-il l’être aimé… ou l’objet de mes névroses ?
Est-ce que je rencontre réellement l’autre dans sa liberté, ou est-ce que je cherche inconsciemment à l’utiliser pour apaiser mes insécurités ?
Les règles et les codes dans la relation
Les règles et les codes dans une relation ne sont pas mauvais en soi.
La question n’est pas qu’il y ait des règles, mais ce qu’elles viennent protéger.
Protègent-elles un lien vivant, choisi, conscient ?
Ou viennent-elles tenter de contenir une peur qui n’a jamais été regardée ?
Une règle posée depuis la peur n’apaise jamais durablement.
Elle rassure un temps, puis appelle une nouvelle règle, puis une autre encore…
Et on tombe dans le combat règle contre règle.
Chacun cherche à marquer son territoire, en cherchant à imposer ses règles à l'autre... Solution impossible !
"La paix ne peut jamais naître dans un combat."
Et si on déposait les armes ?
Lorsque deux personnes se rencontrent, ce sont aussi des blessures qui se connectent.
Au départ, ce qui les attire l'un vers l'autre est de l'ordre de l'inexplicable. Deux personnes qui s'aiment vraiment se rencontrent à un certain niveau de l'être, un niveau plus profond, qu'on ne peut nommer. Certains diront l'âme, d'autres diront que c'est chimique.
Mais une fois la connexion faite, les personnalités commencent à s'emmêler.
Moins on est conscient de soi, plus on cherche la sécurité à travers l'autre. Lorsque les deux font la même chose... Patatra. Les ennuis commencent, et tout ce qui coulait de source devient compliqué.
La jalousie non reconnue est l’un de ces problèmes parce qu'elle est alors confondue avec ce qui devrait être dû. Et on retrouve ici les règles qu'on impose dans une relation.
En déposant les armes, on accepte que le sentiment de jalousie n'appartienne qu'à nous, que nous sommes entièrement responsables de nos émotions, mais jamais coupables. Ce basculement ouvre un espace en nous de transformation qui nous était inaccessible jusqu'ici.
Ainsi, lorsque l'autre agit dans ce qu'il est, et que cela active en moi des émotions désagréables, comme la jalousie, la véritable question devient : qu'est-ce que cela vient révéler en moi ?
Qu'est-ce que son comportement me renvoie ?
Est-ce que ça active des blessures du passé ?
Est-ce que ça touche mes valeurs profondes ?
L’amour véritable peut traverser la jalousie en laissant l’autre libre.
Là où la peur s’agrippe et voudrait retenir, il choisit d’aimer sans possession.
Cette dynamique fait écho à ce que nous avons exploré dans l’article Victime des autres, bourreau de soi-même, où la responsabilité émotionnelle devient un véritable point de bascule.


